L’appartement : l’immeuble

Témoin à charge II_Gaspard Delachaux_545_409

Je ne vois que rarement quelqu’un entrer ou sortir.

Je ne croise jamais ceux qui produisent les échos de voix du hall d’entrée.

Parfois, tard dans la nuit, il me semble percevoir le faible grelot d’un téléphone qui sonnerait interminablement et personne pour y répondre.

Mes nuits sont maintenant rythmées par l’immeuble : je me couche tôt, après quelques bonnes pages de lecture mais au dessus de moi on prépare la nuit, on ferme des volets, on découvre un lit, des tiroirs sont ouverts et fermés.

Enfin, je m’endors, mais peu après, des voix me réveillent. On téléphone quelque part et le bourdonnement des échanges, avec parfois une mélodie plus aïgue, se glisse à travers murs et parois et parvient à moi.
Peu à peu, je ne sais plus si j’entends ou si je rêve que j’entends.

A la faveur d’un nouvel éveil, il me semble percevoir le ronronnement d’une télévision qui calme les insomnies d’un mal heureux.

Au dehors, tout est silence, l’immeuble seul veille.

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