Cahier de Jaizkibel

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« La fenêtre ouverte, les constellations entrent dans ma chambre. Enfant, je lisais tard.
Un soir, un livre m’apprit que le soleil finirait par s’éteindre. Qu’un jour, toute vie pût disparaître de la terre, me suffit pour désespérer.
Les arbres, les rochers, les eaux mortes de l’étang de Jaizkibel, sans que je ne m’en rendisse compte, m’avaient consolé. Depuis toujours, les morts habitaient les paysages. La nature, malgré la charogne, m’offrait comme un gisant l’image du repos.
J’aime toujours les ruines. Des maisons, des églises, de simples granges même, construites à l’orée d’un bois ou isolées dans les vignes, figuraient pour moi l’espoir de la durée. Je trouvais dans cette campagne qui dort la paix des cryptes romanes. »

Iñigo de Satrústegui, Cahier de Jaizkibel, William Blake & Co. Edit.

Illustration : Troupeau de moutons au mont Jaizkibel, photo Maria Camín

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