archive

Archives Mensuelles: octobre 2012

Pierrefitte 21 juin Solstice d'été. Dans les hauteurs . Butte Pinson. A deux pas de l'atelier L'ombrage rafraîchit. Un fin duvet de graminées vertes avive l'humus du chataîgnier. Une nuée de fleurs d'acacia pleut des frondaisons. Elles papillotent au clair-obscur du sous-bois. Nappent de blanc la couche d'herbe tendre. Invite à vous étendre. Un pic tambourine un tronc creux. Un couple de merles en parade nuptiale se convoite bec dans queue. Zigzaguent entre les arbres. Le feuillage miroite, poissé de sève jusqu'aux basses branches et aux rejets des souches. C'est la nature accélérée. Et Dieu au ralenti. Une tourtourelle roucoule, que dissimulent les bouquets de gui dans la ramure. Un pinson. Dans les hauteurs. De la butte Pinson. Daniel Grenier, Journal d'active, Bottom n° 3 - Printemps 2000

A l'Ouest de gare de l'Est

Publicités

Sing Sing Song

O., brandissant une série de photos d’identité toute fraîche sortie du Photomaton :

« Dès que tu entres dans la cabine, y’a une espèce de bonne femme hystérique qui se met à crier : comme ça, tout le quartier sait que tu fais des photos… »

« Asseyez-vous ! Ne bougez pas ! Ne souriez pas ! … »

« Voilà le résultat. »

Effectivement, sur le cliché, le beau gosse a l’air de quelqu’un qui va sortir (ou entrer) à Sing-Sing.

Bureaucratie ornée

A Sienne, jadis, les registres communaux étaient peints par les plus grands artistes de la cité.

Il s’est trouvé au Moyen Age des fonctionnaires imaginatifs qui ont eu cette idée, en Italie naturellement, et dans une cité où les formes les plus raffinées de l’art connurent un épanouissement privilégié, où les commandes officielles aux artistes furent plus importantes et prestigieuses que partout ailleurs : à Sienne, dès le XIIIème siècle, les magistrats chargés des comptes de la cité ont fait peindre les planchettes de bois qui recouvraient leurs registres et en maintenaient les feuilles de parchemin. Ils se sont adressés souvent, pour cette tâche apparemment modeste, aux artistes célèbres de leur temps et ont laissé ainsi des témoignages précieux de leur passage à ces importantes fonctions. Sur ces petits panneaux, désignés parfois sous le nom général de tavolette di Biccherna, ils ont fait peindre d’abord leur propre image. Plus tard, ce sont des compositions allégoriques ou narratives qui évoquèrent les événements marquants de la vie siennoise à l’époque de leurs mandats.